dimanche 24 novembre 2019
































































Tu reviens à la grâce des forêts de l’enfance
Où les branches se courbent sous le poids de l’année
Les pluies d’octobre ont lissé leurs feuillages
Et préparé le feu d’un éternel été

Automne aux fastes de lumière
Toutes les saisons éclairées
Le blond chevreuil de la clairière
Le soleil au miroir brisé

La flamme rousse des fougères
Les châtaignes aux bogues éclatées
les chemins creux de la mémoire
Les ronces pourpres dans les haies

La terre se montre impassible
Aux troupeaux enfin rassasiés
Mais elle cueille avec tendresse
Les fruits mûrs dans les vergers

Les arbres gardent ton empreinte
Leur force tout au bout de tes doigts
Et sous tes pas de chercheur d’or
L’odeur des feuilles écrasées

Jean Lavoué 18 octobre 2019

lundi 11 novembre 2019

Les feuilles...


































Avec quelle douceur elles tombent sur le sol et se changent en terreau,
Peintes d’un millier de nuances,
Et bien dignes qu’on en fasse des lits pour les vivants !
Ainsi, légères et frétillantes, 
Elles s’avancent en troupes au tombeau.
Elles ne portent pas le deuil.
Joyeuses, elles s’en vont, courant par la terre,
Choisissant leur sépulcre, murmurant dans les bois.
Elles qui flottaient avec tant de dignité, 
comme elles sont contentes de retourner à la poussière,
de s’abattre, résignées à reposer et à pourrir au pied d’un arbre
et à s’offrir en nourriture à leurs sœurs nouvelles,
aussi bien qu’à s’agiter très haut.
Elles vont ajouter
L’épaisseur d’une feuille à la hauteur de la terre.
Leur chute nous enrichit.
La nature n’en est pas encombrée !
Parfaite ménagère, elle les garde toutes !


Henry David Thoreau

vendredi 1 novembre 2019

Vibrant automne

  







Vibrant automne, saison déchirante,
des apothéoses et du plus haut dépouillement.
Il est parfois si beau de mourir.
Ph. Mac Leod

vendredi 18 octobre 2019

Il est temps...







Le monde broie du noir
Mais il suffit d’ouvrir les yeux 
Pour saisir encore le chant des couleurs
Sentir en soi le frémissement des feuilles                   

L'arbre retient son souffle
Et brûle comme un encens
Les dernières larmes de la joie

Les roux de l'automne
Ont composé pour la rivière
Un vaste châle de prière 
Où s’enroulera sa nuit

Je mesure à pas lents
Les progrès de l'hiver 
La nudité du vent
L’enfouissement de la lumière
Les clameurs d’aube sur la mer

Le soleil qui descend
Prépare en nous sa sève
Il est temps pour chacun                         
De regagner la source   
          
Il est temps de migrer
Loin des branches invulnérables
Il est temps de se glisser
En patience de bourgeons            
Jusqu’aux racines du silence.