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vendredi 18 octobre 2019

Il est temps...







Le monde broie du noir
Mais il suffit d’ouvrir les yeux 
Pour saisir encore le chant des couleurs
Sentir en soi le frémissement des feuilles                   

L'arbre retient son souffle
Et brûle comme un encens
Les dernières larmes de la joie

Les roux de l'automne
Ont composé pour la rivière
Un vaste châle de prière 
Où s’enroulera sa nuit

Je mesure à pas lents
Les progrès de l'hiver 
La nudité du vent
L’enfouissement de la lumière
Les clameurs d’aube sur la mer

Le soleil qui descend
Prépare en nous sa sève
Il est temps pour chacun                         
De regagner la source   
          
Il est temps de migrer
Loin des branches invulnérables
Il est temps de se glisser
En patience de bourgeons            
Jusqu’aux racines du silence.

samedi 15 juin 2019

Un seul coquelicot







Un seul coquelicot a fait bouger mon cœur
Dans le sens des larmes
La houle de ma vie s'est aussitôt muée
En un long matin soleilleux.
Jean Lavoué

vendredi 10 mai 2019

Les genêts.




























Vous en souvenez-vous, genêts de mon pays,
Des petits écoliers aux cheveux en broussailles
Qui s'enfonçaient sous vos rameaux comme des cailles,
Troublant dans leur sommeil les lapins ébahis ?

Comme l'herbe était fraîche à l'abri de vos tiges !
Comme on s'y trouvait bien, sur le dos allongé,
Dans le thym qui faisait, aux sauges mélangé,
Un parfum enivrant à donner des vertiges !

Et quelle émotion lorsqu'un léger froufrou
Annonçait la fauvette apportant la pâture,
Et qu'en bien l'épiant on trouvait d'aventure
Son nid plein d'oiseaux nus et qui tendaient le cou !

Quel bonheur, quand le givre avait garni de perles
Vos fins rameaux émus qui sifflaient dans le vent,
- Précoces braconniers, - de revenir souvent
Tendre en vos corridors des lacets pour les merles.
F. Fabié


samedi 27 avril 2019

Printemps.











La sève s’impatiente

Les bourgeons se préparent :
Nulle vie qui ne soit consentie.

Le silence sous l’écorce
S’accorde à la douleur
De grands nuages blancs

Le printemps se donne enfin
Dans l’invisible offrande
Ainsi que deux mains jointes 
Par la clameur du vent.

Partout reliées au sang 
Les ramures de la  joie.

Jean Lavoué
(Levain de ma joie)

vendredi 19 avril 2019

Le pommier.
















Si le pommier ne fleurit pas en vous
il n'y a pas de printemps.
J. Sullivan

lundi 18 mars 2019

SI...




      


Si un jour tu peines
À retrouver en toi
La perle de grand prix,
Si tu te sens plus pauvre
En ouvrant les yeux
Chaque matin,
Si le poème même
Te semble n’être plus
Qu’un écho très lointain,
Alors pactise avec ce vide,
Épouse en grand secret
Les rives de ce rien,
Fais confiance à ta nuit,
Laisse germer le silence,
Ne cherche plus
Mais laisse-toi trouver.

Jean Lavoué
http://enfancedesarbres.com

mardi 5 février 2019

Ombres chinoises









Le jour s'ouvre comme il meurt, 
d'un même souffle gonflé d'infini 
qui s'ennuage,
quand l'abandonne
l'éclat du premier mystère.

Ph. Mac Leod

jeudi 31 janvier 2019

Féerie




La beauté
C'est ce à quoi on va demander
Les premiers soins...
L'enfance
C'est la totalité de la vie
Quand on la quitte
On se quitte soi-même 
C. Bobin
















"La cascade s'est figée
En longs rideaux de lumière!
Elle emprisonne en secret
Quelques gouttes du passé
Et des éclats de beauté
Dans son tendre nid de mousse" 

Marie

dimanche 27 janvier 2019











Le soleil joue à cache-cache
dans les brumes de l'hiver.
Il met le feu à l'étang
Avant de s'y endormir.

Dans les ombres de nos vies,
Dansent aussi des soleils
Qui brillent au creux des nuits.
Marie

lundi 7 janvier 2019

Matin






Des bans de brume, des collines qui émergent.
Le jour dans les arbres s'éclaircit de seconde en seconde.
A tâtons, un monde entre les arbres se faufile et s'approche

Le jour s'ouvre comme il meurt, d'un même souffle gonflé d'infini
qui s'abandonne quand l'abandonne
l'éclat du premier mystère.
Ph. Mac Leod